Le peintre Xaxier Marabout

Xavier Marabout, passé maître dans l’art du mash-up

Vous voulez être surpris ? Alors, bienvenue dans l’univers du bien nommé Xavier Marabout, né un vendredi 13 (ça ne s’invente pas), il vous ensorcellera.
Artiste français incontournable dans l’art du mash-up (détournement et créations hybrides), le peintre proclame les unions les plus audacieuses, entre figures de la grande peinture, de la bande dessinée, de la musique, des jeux vidéo…

Xavier Marabout : “je casse ces barrières culturelles”

Ainsi, sur une même toile, Tintin, reporter jamais représenté avec des femmes dans l’œuvre de Hergé, est parodié avec des femmes fatales caractéristiques de l’univers de Hopper. La même logique préside aux autres œuvres : l’ex-rock star Freddie Mercury fusionne subtilement avec la mascotte des jeux vidéo Super Mario, Picasso avec le loup iconique de Tex Avery… 

Xavier Marabout voit dans le mash-up « une synthèse des genres qui permet de s’interroger, avec humour, sur notre propre culture. On a tendance à cloisonner les univers, surtout en France. Je casse ces barrières culturelles. En créant des ponts, on amène d’autres choses ». Les liens opérés entre univers ne sont pas fortuits. « Ceux de Hopper et de Tintin sont faits pour fusionner, illustre-t-il. De prime abord, les gens sourient. Mais au final, ils redécouvrent Tintin ou Hopper. Ils voient un Tintin mis en scène, dans une vie sentimentale que personne ne lui connaît. C’est un personnage considéré comme asexué, évoluant dans un contexte misogyne. Je prends le contre-pied, avec un Tintin entouré de pin-up et projeté dans la culture américaine, avec le côté intimiste, voyeuriste et augmenté par l’effet de cadrage cinématographique de la peinture Hopperienne. »

L’initiative ne plaît guère à Moulinsart, propriétaire des droits du célèbre personnage de BD. Xavier Marabout invoque le droit à la caricature, à la parodie et au pastiche. « Je défends ma liberté d’artiste et d’expression, souligne-t-il. L’art et la bande dessinée sont intimement liés, des comics américains à Roy Lichtenstein et de Picasso à Milo Manara, les auteurs s’observent, s’influencent et se rendent hommage.  »

Une autre alliance qui fonctionne à merveille, celle du super héros Batman avec le peintre autrichien Gustav Klimt. « Les deux mondes développent des éléments qui dialoguent bien entre eux : le côté sombre, Art nouveau, gothique, où le mal essaie de prendre l’ascendant », observe-t-il.

Des Libidollars et des Eurollingstones au début de l’histoire


Depuis 2006, ce talent rafraîchissant, âgé de 53 ans, ne fait « plus que peindre », après une première partie de carrière comme… ingénieur commercial, suite à des études scientifiques. Il détourne des billets de banque, en créant des séries de libidollars, fusion de libido et de dollars, puis en pastichant l’euro, avec des Eurolligstones, Eurollsroyce ou Eurococochanel. « J’ai travaillé deux ans à ces séries. On y retrouvait la structure d’un billet », détaille-t-il.

L’art l’a accompagné toute sa vie, même lorsqu’il était ingénieur commercial. « J’ai toujours peint, précise-t-il. Mes premières appréciations à l’école étaient ‘Asocial, mais un certain goût pour la peinture’ ! » Ce nom de famille, Marabout, « il m’a suivi partout. On m’a chanté des centaines de fois ‘Marabout, bout de ficelle’, sourit-il. Alors, comme un vrai marabout, je fusionne des univers, les met bout à bout ». Je ne sais pas si mon patronyme a influencé mon travail, mais une chose est sûre : l’humour a toujours fait partie de mes productions, dès que j’étais adolescent. »

Le parodiste dispose d’un grand atelier de 70 m2, dans sa maison nichée au fond du golfe du Morbihan. A la belle saison, il ouvre son atelier. Le rythme de création est d’environ deux toiles par mois, au terme d’un travail « très léché, en jouant sur les ombres et les lumières ».

Ses œuvres sont disponibles sur son site web, sur les réseaux sociaux (où il est très actif), et dans trois galeries permanentes, à Paris (Trois Cerises sur une étagère), Roanne (Galerie Deza) et Uzès (Prestaart Gallery). Le succès est au rendez-vous depuis environ 5 ans, avec des clients internationaux.

A l’été 2019,  le très influent « Les Cahiers de la BD » a consacré sa Une à Marabout. Asocial, peut-être encore un peu, un goût pour la peinture, c’est certain !


Repères

art-marabout.com

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